La vie à l’école de rang… 1/2

Dans mon esprit et certainement dans celui de plusieurs, septembre rime avec « rentrée scolaire ». Certains ont désespérément hâte que le mois d’août laisse place au suivant tandis que d’autres appréhendent ce mois où la routine revient au galop. Étant plus jeune, je faisais plus souvent partie du deuxième groupe… j’imagine que je n’étais pas la seule !


Toutefois, quand je m’arrête sur cette époque de l’année, je ne peux m’empêcher de penser que notre éducation a tout de même été facilitée en comparaison de celle délivrée à nos parents et à nos grands-parents. Comme le titre l’indique, ce billet portera sur une époque aujourd’hui révolue mais qui a tout de même fait partie intégrante de l’histoire de Saint-Côme et des villages voisins :
La vie à l’école de rang…

Un peu d’histoire…

Selon la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, environ 5 000 écoles de rang ont été construites au Québec. Seulement une infime minorité d’entre elles sont encore sur pied aujourd’hui. Pendant plus de 150 ans, les écoles de rang ont permis aux enfants issus de milieux ruraux d’obtenir les connaissances nécessaires en français, en mathématique, en histoire et en géographie. Il y avait également des cours de catéchisme, d’hygiène et bienséance et de dessin.

L’apparence de l’école de rang était généralement très modeste, elle était construite en bois et bénéficiait d’un éclairage naturel grâce à l’installation de plusieurs fenêtres.

Plusieurs écoles de rang ont été érigées à Saint-Côme, voici quelques emplacements : #1 – village, #2 – rang Versailles (aujourd’hui la propriété de M. Roland Morin), #3 – rang 9, #4 – rang Beloeil (aujourd’hui la propriété de M. Luc Lepage), #5 – chemin Sainte-Émélie (aujourd’hui la propriété de Mme Estelle McCabe), #6 – rang des Venne (aujourd’hui la propriété de Mme Kalina Larochelle), #7 – sur un vieux chemin qui rejoignait le Petit-Beloeil au Grand-Beloeil et #8 – à proximité du Domaine Blais.

J’ai eu la chance de m’entretenir sur le sujet avec d’anciens étudiants de l’école du rang des Venne. L’école a été bâtie en 1943 sous la supervision de M. Arthur Parent et était plus précisément située au 1500, rang des Venne.

Cette époque ne fait pas partie de mes souvenirs. Cependant, des membres de ma famille sont allés à cette école et ils ont pu m’en dresser un portrait assez complet.

L’école du rang des Venne

Voici quelques souvenirs d’une élève assidue, Mme Claire Venne. L’école était séparée en deux parties : le côté gauche était destiné à la salle de classe et le côté droit était en somme un vestibule où des crochets étaient installés pour accrocher les manteaux et y laisser sécher les bottes. De cet endroit, le personnel autorisé (en l’occurrence l’institutrice) pouvait accéder aux appartements de la maîtresse d’école où se trouvaient une chambre et une cuisine.

Prière en croix

Prière en croix

N’étant pas encore à l’ère du numérique, les bonnes vieilles méthodes d’enseignement étaient de mise. Deux grands tableaux noirs ornaient les murs de la classe ; l’un au fond de la pièce et l’autre sur le mur qui servait de séparation. Une porte menant au hangar était située à l’arrière de la classe. Derrière cette porte, deux choix se présentaient aux élèves, du côté gauche un passage menait aux toilettes (cependant, pas tout à fait comme celles que nous connaissons aujourd’hui…), et du côté droit, on remisait le bois qui servait à chauffer l’école. Aux dires des anciens élèves, ce n’était pas une partie de plaisir que de se rendre aux toilettes durant les mois d’hiver… Je vous laisse imaginer…

Jusqu’en 1949, le rang était dépourvu d’électricité, la classe bénéficiait de la lumière du jour qui entrait par de hautes fenêtres. Les plafonds étaient également plus élevés, ce qui donnait l’impression d’une pièce plus aérée, plus grande. Évidemment, une grande pièce était nécessaire pour asseoir tous ces enfants ! Les matières destinées aux élèves de la première à la septième année étaient enseignées dans une seule et unique classe. Il y avait quelques élèves par degré de scolarité et un grand soin était porté à ce que les garçons soient assis d’un côté de la classe et les filles de l’autre.

Pupitre pour deux élèves

Pupitre pour deux élèves

Tel qu’illustré sur la photo, les pupitres étaient conçus pour deux élèves. Ils étaient formés d’un siège et d’un dossier derrière lequel se trouvait une tablette servant aux deux élèves assis derrière eux ; cette tablette servait à placer leurs effets personnels et à effectuer leurs travaux de chaque jour.

Les classes avaient lieu du lundi au vendredi, et ce, de 9h à 16h. Les élèves bénéficiaient d’une récréation de 15 minutes durant l’avant-midi et d’une autre l’après-midi. Une heure était consacrée au dîner. Il semblerait que les jeux de prédilection durant ces moments libres étaient le fameux ballon-chasseur et le jeu du drapeau. Était-ce aussi le cas à l’école de votre jeunesse ?

Anecdotes du passé…

Le trajet
Inutile de dire que les autobus scolaires n’étaient pas encore monnaie courante ; le trajet se faisait à pied, plus précisément, nu-pieds. Le parcours représentait une distance considérable pour beaucoup d’enfants du rang. Les plus éloignés étaient sans doute les enfants résidant au Domaine du Nord (par le chemin de la Ferme) et les enfants de M. Georges Venne (demeurant à proximité du chemin menant à la Chute-à-Bull). Heureusement, le trajet se faisait en groupe, ce qui le rendait un peu plus divertissant.

Bijou – le chien méchant
M. Venne m’a raconté qu’un matin où les plus grands étaient absents, ils ont dû faire un énorme détour parce que Bijou, le gros Colley de M. Arthur Parent, leur faisait peur. En effet, ce chien avait bien mauvaise réputation et les enfants apeurés ont décidé de bifurquer en haut de la côte blanche (à la hauteur du 1211) pour passer au bout de la terre de mon grand-père et revenir ensuite sur le rang des Venne. Un léger détour qui leur valu d’arriver quelque peu en retard à l’école… plus précisément à midi. J’ai alors demandé à M. Venne si la maîtresse d’école les avait grondés. Il m’a répondu : « Elle était mal placée pour le faire, c’était son chien ! »

Joseph, le pourvoyeur de bonbons
Il était de coutume à cette époque que l’institutrice vive à l’école en compagnie de son mari, si elle était mariée bien entendu. Durant les années d’enseignement de Mme Bernadette Marchand-Venne, son mari Joseph a au moins une fois entrebâillé la porte de la chambre où il se trouvait pour littéralement lancer une poignée de bonbons aux élèves présents dans la classe, au grand dam de son épouse, celle-ci n’appréciant guère cette distraction offerte à ses élèves.

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Un énorme merci à Mme Claire Venne pour tous les renseignements si gentiment transmis, sans vous, ce texte serait beaucoup plus court et moins intéressant.

Merci également à M. Michel Venne pour toutes ses anecdotes savoureuses. Vos années passées à l’école semblent encore bien fraîches à votre esprit !

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6 Comments

  1. Louise Bernier

    Mon père disait qu’il allait à l’école nu-pieds et voilà que c’est confirmé selon vos écrits. Quels beaux souvenirs. Merci pour ce précieux partage.

  2. Suzanne Girard

    Je suis enchantée de découvrir tant de belles choses de votre part. Je suis une bénévole et une fervente de NOTRE St-Côme. Ma vie est ici et j’apprécie notre histoire au travers de notre Qc.
    Encore SVP !

  3. Jeanne A Généreux

    Que c’est formidable de revivre ces moments dans le passé!…. St-Côme quel beau village… mon chez-nous depuis déjà plus de 14 ans et il fait bon vivre ici!. MErci pour cette magnifique lecture très instructive!.

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