La vie à l’école de rang… 2/2

Ce billet fait suite à celui paru le 16 septembre dernier et portant comme son titre l’indique sur La vie à l’école de rang. Une époque aujourd’hui révolue mais encore bien présente dans la mémoire de plusieurs personnes de Saint-Côme et des environs. Ce dernier billet relatait un bref historique des écoles de rang et racontait quelques anecdotes savoureuses. Vous en trouverez quelques-unes supplémentaires en poursuivant votre lecture.

Anecdotes du passé…

Dentiste d’un jour
Durant les récréations, certains s’adonnaient aux jeux mais d’autres s’improvisaient « dentiste ». En effet, une journée où une dent le faisait énormément souffrir, M. Bernard Morin a décidé de remédier à la situation. Il s’est accroché une broche autour de la denture douloureuse et l’autre extrémité autour d’un quartier de bois. Il est alors grimpé sur le toit du hangar et a laissé tomber la bûche en bas dans l’espoir qu’il serait débarrassé de sa douleur… mais malheureusement le plan n’a pas fonctionné, la dent était très solidement ancrée. L’histoire ne dit pas comment il est parvenu à s’extraire cette dent qui le faisait tant souffrir.

L’entraide
À cette époque, une valeur hautement mise de l’avant était l’entraide. Les élèves ont pu la manifester un beau jour où M. Henri Riopel était venu porter ses enfants à l’école en voiture fermée (ils vivaient presque au bout du chemin de la Ferme). Il avait l’habitude de tourner dans la cour de l’école mais cette fois, les lisses se sont enlisées dans les ornières et la voiture a versé. C’est alors que l’institutrice a sommé tous les enfants présents d’aller aider M. Riopel à remettre la carriole sur ses lisses. Ce qu’ils ont fait d’un pas empressé après s’être chaudement emmitouflés. Il faut dire que les maîtresses d’école de ce temps avaient presque tous les droits sur leurs élèves. Les parents lui accordaient toute leur confiance et l’institutrice était l’une des personnes les plus respectées de la paroisse, après le curé, le maire et les commissaires d’école.

Discipline & motivation
La discipline était très présente à cette époque ; les plus tannants recevaient souvent des « claques derrière la tête ». Et malheureusement, les enfants écrivant de la main gauche étaient forcés de changer leur main d’écriture, et ce, au prix de plusieurs coups et corrections. Quand j’interroge mon père sur cette façon de faire plutôt brusque, il me répond : « Disons qu’on avait affaire à écouter ! » En effet, la crainte d’être discipliné était sûrement une bonne motivation afin de manifester l’obéissance !

L’école ferme ses portes…

École du rang des Venne

Plusieurs enseignantes se sont succédées à cette école de rang. La première a été Mme Mélanie Beaudry-Beaudoin, respectivement, les suivantes ont été : Mme Bernadette Marchand-Venne, Mme Marie-Anna Gagné-Thériault, Mme Donalda Gagné-Mireault, Mme Marielle Parent, Mme Louisette Joly et Mme Hélène Préville-Forest. Finalement, Mme Bernadette Marchand-Venne est revenue à son poste d’institutrice pour l’année scolaire 1959-1960.

Actuellement

Ancienne école du rang des Venne

L’année 1960 sera marquée par la fin progressive des écoles de rang, dont celle du rang des Venne. Cette dernière a fermé ses portes et les élèves ont poursuivi leurs études à l’école du village. Par la suite, l’école du rang a été vendue et transformée en logement.

Grâce à la Commission Parent, l’éducation n’était plus considérée comme un luxe, mais comme un droit. L’accent était mis sur la gratuité scolaire et la construction de nouvelles écoles centralisées au centre des villages. Dans un souci de préservation de notre patrimoine, certaines écoles ont été transformées en musées, évoquant ainsi une partie de notre histoire, alors que d’autres ont été démolies ou encore modifiées en habitation.

Le célèbre dramaturge français Victor Hugo a un jour mentionné : « Le souvenir, c’est la présence invisible ». Pour certains, les années passées à l’école de rang évoquent des mauvais souvenirs mais pour d’autres, elles sont synonymes « de bon vieux temps ».

Un énorme merci à Mme Claire Venne pour tous les renseignements si gentiment transmis, sans vous, ce texte serait beaucoup plus court et moins intéressant.

Merci également à M. Michel Venne pour toutes ses anecdotes savoureuses. Vos années passées à l’école semblent encore bien fraîches à votre esprit !

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