Beau printemps, quand reviendras-tu?

«Beau printemps, quand reviendras-tu? Faire pousser les feuilles, faire pousser les feuilles»… Effectivement, on a toujours bien hâte de le revoir celui-là! On l’attend souvent impatiemment, comme un vieil ami qu’on n’a pas vu depuis longtemps et avec qui on s’en promet.

Au moment d’écrire ces mots, la chaleur et le soleil se font attendre et, pourtant, les bourgeons et la verdure commencent à poindre. Et c’est justement le sens de mon texte d’aujourd’hui: les plantes sauvages…et surtout médicinales! À vrai dire, les plantes médicinales sont devenues mon petit dada. Que ce soit pour la cueillette, la transformation ou la consommation, les plantes qui soignent font désormais partie de ma vie et celle de ma famille. Je prends un réel plaisir à découvrir leurs multiples propriétés, à les utiliser pour prévenir ou guérir petits et gros bobos. Bien qu’il soit possible de faire pousser soi-même la plupart des espèces, je reconnais avoir un faible pour les plantes sauvages, celles que la nature (j’irais même jusqu’à dire celles que la VIE) met sur notre route. Elles sont si nombreuses et chacune est unique!


Les plantes qui guérissent sont dans mon quotidien, elles sont mes alliées. Même si, pour le moment, je n’ai aucun diplôme officiel en tant qu’herboriste (j’y aspire évidemment), j’ai suivi des formations çà et là, j’ai lu des ouvrages fort enrichissants sur le sujet, et je prends présentement un cours par correspondance à l’Herbothèque, une école d’herboristerie réputée située à Lantier. Surtout, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes extraordinaires qui ont su me prodiguer de précieux conseils dans le domaine et me transmettre en quelque sorte leur passion. Pour moi, il s’agit d’un mode de vie.

Je suis une passionnée qui se réjouit  devant ce que Maman la Terre (c’est notre manière de nommer la Terre à la maison) met à notre disposition. Eh oui, je suis de celles qui s’émerveillent devant la beauté d’une plante qui pousse là où on ne l’attendait pas. Celle qui laisse volontairement pousser sur son terrain plusieurs variétés de plantes sauvages afin d’en récolter les différentes parties,  au grand damne de mon conjoint qui doit tondre la pelouse en prenant soin de ne pas tout couper! Ceci dit, je respecte le volet esthétique avec lequel nous devons composer dans notre société actuelle, mais je reconnais avoir un pincement au coeur de voir autant de beauté gaspillée.

Il ne faut pas s’en surprendre, la nature fait tellement partie de notre quotidien à Saint-Côme qu’on la prend peut-être un peu pour acquise. Et je dis cela sans aucune prétention ni mauvais jugement, la vie va vite et prendre le temps est devenu une denrée rare. Je comprends très bien! Il n’en reste pas moins que nous sommes chanceux, Cômiennes, Cômiens; notre village est rempli et entouré de trésors naturels. Les plantes, les arbres sont partout! Le printemps nous le rappelle bien…

D’ailleurs, plusieurs plantes sauvages sont à surveiller en cette période de l’année (elles émergent partout, même sur nos pelouses!) Je me garde bien de toutes les nommer, la liste serait trop longue, mais je me permets de préciser que le tussilage est la première plante sauvage à fleurir au Québec. Semblable au pissenlit de par sa fleur jaune, le tussilage est recommandé pour la congestion, l’inflammation des poumons, l’asthme et l’emphysème.

Fleurs de tussilage

Je tiens par contre à préciser qu’il est essentiel de toujours bien s’informer avant de consommer des plantes. Bien que naturelles, elles peuvent entrer en interaction avec certains médicaments ou nuire à des problèmes de santé déjà existants. De plus en plus d’herboristes, thérapeutes ou non, se trouvent ici, dans la belle région de Lanaudière, n’hésitez pas à les consulter pour plus de précision. Ce sont des professionnels passionnés et qualifiés qui ont a coeur la santé dans sa globalité.

Voici quelques plantes/arbres à surveiller ce printemps.

Pissenlit

On dit d’un pissenlit qu’il est la mauvaise herbe la plus célèbre sur terre! Effectivement, celui que beaucoup de gens jugent à tort fort inutile est pourtant très utilisé partout dans le monde pour traiter, soigner et guérir. Le printemps est le temps idéal pour profiter des richesses de cette plante aux multiples propriétés. C’est surtout au niveau du système digestif et du système urinaire que le pissenlit joue un rôle majeur, mais il est également recommandé pour les problèmes du système tégumentaire, dont les verrues, l’acné, le psoriasis et l’eczéma.

On dit qu’il aiderait à abaisser le taux de cholestérol et la pression sanguine et qu’il serait un excellent détoxifiant général pour l’organisme. À noter que le pissenlit n’est pas recommandé avec certains médicaments et qu’il doit être évité s’il y a occlusion des canaux biliaires. Ce sont surtout les feuilles qui sont bonnes à être consommées au printemps, avant la floraison. Elles sont excellentes en salade (ciselées ou avec légumes chauds pour attendrir), ou peuvent également être ajoutées aux sandwichs, aux potages, aux omelettes, etc. Si elles sont récoltées après la floraison, les feuilles risquent de devenir un peu plus coriaces et amères.

Feuilles de pissenlit

Il est aussi possible de récolter les racines au printemps (ou à l’automne) et d’en faire un savoureux café, tout à fait aidant pour le corps. Je vous mets au défi d’y goûter! Quant à elles, les fleurs jaunes sont souvent utilisées dans différentes recettes (biscuits, sirop, etc.), dont le fameux vin de pissenlit.

Café de pissenlit

Nettoyer et sécher les racines quelques jours près d’une source de chaleur. Faire griller au four à 120 C environ une heure (ou jusqu’à ce que les racines soient brun foncé). Retourner de temps à autre. Moudre au moulin à café et utiliser environ 5 ml par tasse. Il est possible d’ajouter du miel au goût.

Racines de pissenlit

Plantain, ce mal aimé!

Le fameux plantain qui pousse sur notre gazon est malheureusement trop souvent détesté. Quelle plante fantastique, accessible et utile! Quand vous connaitrez toutes les propriétés qu’elle comporte, vous ne voudrez peut-être plus couper votre pelouse! Le plantain est un véritable sauveur lors d’une piqûre d’insecte. On utilise les feuilles broyées ou mâchées directement sur la piqûre ou sur les plaies et infections variées. Même en forêt, il devient possible de soulager plusieurs douleurs grâce à cette plante mal aimée et peu connue à sa juste valeur.

Les feuilles de plantain fraîches macérées dans l’huile d’olive biologique peuvent créer une huile parfaite pour les démangeaisons de toutes sortes. En ajoutant un peu de cire d’abeille à cette huile (macérée une vingtaine de jours), on obtient un onguent de plantain utile à bien des sauces. Le sirop de plantain est également fort aidant pour le soulagement de la toux. La compagnie La Clef des Champs en fabrique un très efficace à base de glycérine, recommandé autant aux petits qu’aux grands lors de toux, bronchites, etc. Et la beauté de la chose; le plantain n’a aucune contre-indication ni toxicité à considérer, il est à utiliser sans modération! En plus, il se récolte à partir du printemps et tout l’été, avant la floraison.

Plantain

Le tabac du diable

La molène (surnommée parfois le «tabac du diable) n’est pas une plante exclusivement printanière, mais je jugeais bon de vous en parler avant qu’il ne soit trop tard pour la récolter. Elle a envahi une partie de notre terrain l’année dernière, à mon grand bonheur. Alors que je sautais de joie de les voir se pointer chez moi, je recevais des commentaires des gens qui se demandaient pourquoi je laissais pousser ces longs fouets.  Eh bien c’est simple, la molène est une SUPERBE plante pour tous les maux respiratoires. Bronchite, asthme, rhume, etc. C’est une plante à prendre en tisane dès les premiers symptômes. C’est surtout les feuilles qui sont séchées et utilisées pour leurs propriétés au niveau du système respiratoire.

Les belles petites fleurs jaunes sont, entre autres, macérées dans l’huile et sont d’une aide considérable dans les cas d’otites et de maux d’oreille. J’en ai personnellement fait l’expérience auprès des enfants, et le résultat est surprenant et rapide. Donc si vous voyez sortir les feuilles de la molène en ce printemps, n’hésitez pas à en faire sécher en prévision des froids hivernaux.

Vous pouvez aussi les récolter cet été, avant la floraison, ou à l’automne, sur les plants de première année. Je vous conseille de porter des gants lors de la cueillette, les poils qui composent la feuille peuvent être urticants un peu. C’est aussi pour cette raison que la tisane de molène doit être très bien filtrée avant d’être bue, autrement les poils auront l’effet de devenir très étouffants. C’est une plante qui n’a aucune contre-indication, elle convient à tout le monde! Petits et grands, problèmes de santé ou non. Elle pousse habituellement sur les sols très pauvres, sablonneux, souvent sur le bord des routes.

Mon beau sapin, roi des forêts!

Mais quand je parle de plantes médicinales, j’inclus aussi les arbres et arbustes qui possèdent tellement de propriétés eux aussi! Ils sont remplis de savoirs, remplis de tradition,  et à Saint-Côme, ils sont tout près! Les forêts sont nombreuses, les possibilités pour récolter sont multiples. À proximité, tout s’y trouve. Et le printemps est une saison importante pour les arbres, ce sont les bourgeons qui émergent, les feuilles qui repoussent. J’ai envie aujourd’hui de vous parler d’un arbre en particulier dont les bourgeons du printemps peuvent aider multiples guérisons. Je parle ici du roi de nos forêts Cômiennes: le SAPIN, ou plus précisément, le sapin baumier.

Quel plaisir pour moi de partir avec les enfants à la recherche des petites pousses qui émergent chaque printemps. Ce sont les petits bourgeons vert pâle (presque fluorescents) qui poussent au bout des branches. Il faut justement les récolter lorsqu’ils sont d’un beau vert resplendissant. Personnellement, j’aime bien par la suite les faire sécher afin d’en faire des provisions pour la saison froide.

Une fois séchés, je les mets en pots (de verre hermétique idéalement), et hop, je les incorpore à mes tisanes dès les premiers symptômes de rhume ou de troubles respiratoires.  Avec les pousses, je confectionne également un sirop de sapin. Le bon vieux sirop de grand-mère qui ne goûte pas toujours bon, mais qui a pourtant tellement de bienfaits. Je vous laisse la recette que j’utilise, elle est tirée du livre de la réputée herboriste Anny Schneider «Je me soigne avec les plantes sauvages».

Sirop de sapin baumier

* 500ml (2 tasses) eau
* 250g (8 oz) pousses de sapin du printemps
* 250ml (1 tasse) miel crémeux
1 bouteille en verre teinté

Laisser mijoter les pousses de sapin pendant 15 minutes dans l’eau frémissante dans une casserole émaillée et inoxydable, avec un couvercle de préférence.

Laisser reposer pendant 1 heure.

Filtrer.

Ajouter le miel et faire cuire à feu doux pendant 15 minutes.

Laisser refroidir et embouteiller.

Garder au frigo. Consommer dans les 3 mois suivants, pur ou dilué dans l’eau, à raison de 15ml (1c. à soupe) par jour avant chaque repas. Excellent contre la toux, pour nettoyer les poumons et les intestins.

Remarque: Fait avec du sucre, le sirop se conserve pendant 9 mois.

Plus tard dans l’année, la récolte de gomme de sapin est une activité familiale fort appréciée à la maison. La gomme est utile à bien des niveaux, notamment pour les abcès, verrues, verrues plantaires, plaies ouvertes, maux de dents, etc. Attention, ça colle!

À forte dose la gomme de sapin peut être laxative et digeste, à prendre avec modération. Pour ceux et celles qui auraient du mal à différencier le sapin de l’épinette, et bien j’aurais deux trucs à vous suggérer: l’aiguille du sapin est plate alors que celle de l’épinette est ronde (on peut la rouler entre nos doigts), et sous l’aiguille du sapin il est possible d’apercevoir deux lignes grises et pâles.

Bref…

Les arbres et arbustes sont forts, aidants, ils embellissent nos paysages chaque jour. En ce sens, dans le cadre de MAI, mois de l’arbre et des forêts, la municipalité de Saint-Côme offrira gratuitement des arbres aux résidents de Saint-Côme. La distribution se fera au Bureau d’accueil touristique ce samedi 13 mai prochain, entre 11h et 16h. Une conférence portant sur l’aménagement de la bande riveraine sera également présentée gratuitement par la CARA à la salle du conseil municipal, à 14h30. Des kiosques environnementaux seront aussi sur place lors de cette journée.

Je vous souhaite un beau printemps rempli de plantes, d’arbres, de nature et de santé dans toute sa globalité.

Audray Bordeleau
Blogueuse invitée par la Municipalité de Saint-Côme

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1 Comment

  1. Jeanne A Généreux

    Merci infiniment, très instructif et éducatif… très apprécié… au plaisir… je n’en reviens toujours pas de la diversité des connaissances et des talents des gens de St-Côme. BRAVO je vous adore continuez svp ce blogue tellement intéressant. Bonne journée à vous tous !

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