Jardiner ensemble, pour mieux vivre

« Le jardinage collectif, c’est la solution à de nombreux enjeux : sédentarité, isolement, malbouffe, pauvreté, préjugés, mauvaise santé, etc. Nomme-moi un problème social et je te dirai comment le jardinage collectif peut le régler. »

Je suis en train d’interviewer le pétillant Jasmin Lafortune, alias Monsieur Jardin. Nous sommes le jeudi 18 mai et il vient de terminer une animation de repiquage de semis, rondement menée, avec de nombreux enfants du CPE la Chenille et de la maternelle de Saint-Côme. J’ai tout vu et j’ai encore une banane dans la face. Être témoin d’un truc pareil, c’est comme faire une overdose de bonheur. Je suis gaga.

Voici une mini vidéo de 2 minutes 49 secondes pour vous donner une idée. (Scusez le côté amateur…)

Jardin communautaire ou collectif?

– « Moi, je me spécialise dans les jardins collectifs, plutôt que les jardins communautaires.

– Euh, c’est quoi la différence, Jasmin?

– Dans un jardin communautaire, les villes mettent à la disposition des citoyens plein de petits espaces et chacun loue son terrain pour faire sa petite affaire. Dans un jardin collectif, tout le monde jardine ensemble sur la même parcelle.

Ici à Saint-Côme, c’est pas l’espace qui manque, on a de la place en masse pour jardiner en arrière de nos maisons. Mais comme l’apprentissage du jardinage a sauté une génération, cultiver ensemble, c’est de se donner des trucs, une occasion de voir nos voisins, avoir du plaisir ensemble.

Sincèrement, j’ai jardiné au-dessus d’une tonne et demie de légumes l’an passé, sans avoir utilisé de tracteur. Le fun de le faire en gang c’est que, la quantité de bras que l’on totalise, équivaut bien à un tracteur! Ce n’est jamais long de s’occuper d’un jardin quand on est une vingtaine.

Les avantages sont nombreux : ceux qui savent jardiner peuvent montrer aux autres. Tout le monde peut contribuer, peu importe l’âge ou la classe sociale. J’apprécie particulièrement les échanges intergénérationnels. Les aînés pour la sagesse et les enfants pour nous rappeler la beauté de l’innocence. Selon le travail qu’on fait dans la vie, on n’a pas toujours l’opportunité de côtoyer des gens de tous les groupes d’âge. Moi je considère le légume comme un médium pour l’évolution. Un prétexte pour se voir. Les apprentissages qu’on fait les uns des autres dépassent le jardinage.

– Comment ça fonctionne au juste, un jardin collectif?

– En général, on se réunit une fois par semaine pour faire avancer les travaux. Chacun participe comme il le peut. Les gens peuvent venir aussi quand ils le veulent entre les rencontres, pour désherber, arroser, etc. Le jardin est toujours ouvert. À la fin de la saison, on partage les récoltes.

– Est-ce que ça arrive que certaines personnes ne fassent que récolter, sans avoir vraiment travaillé?

– Ça peut arriver, mais c’est rare. Ce qu’on voit plutôt, c’est qu’aux récoltes, il faut s’ostiner pour savoir qui va partir avec le dernier sac de tomates. On récolte toujours plus que ce qu’on est capable de manger. On en a beaucoup trop. Des fois on s’ostine devant des centaines de dollars de légumes. Mais on fait quoi quand tout le monde l’a déjà fait, sa sauce tomate, pis que tous les congélateurs sont pleins de ratatouille? Alors il faut que quelqu’un dise « OK, j’va les prendre pis j’va faire le tour de ma famille… » À notre jardin collectif de Saint-Ambroise, on offre toujours au moins une centaine de kilos de légumes à des comptoirs alimentaires, que ce soit la Soupière ou celui du village. On a beaucoup de plaisir à donner, à être généreux. Et on est fiers de nos légumes! »

Cultiver la relève

Ça fait maintenant trois saisons que Monsieur Jardin enseigne et anime des jardins collectifs à temps plein. À Saint-Côme, c’est sa deuxième année. Il est venu présenter son offre, puis les membres du Conseil municipal ont décidé de lui donner le mandat. Cette année, l’espace jardiné va doubler de superficie. Quand même!

Ce n’est pas toutes les municipalités qui vont accepter de se salir les mains pour les bonnes raisons et surtout, de saloper le plancher de la salle du conseil avec du terreau.

À Saint-Côme, on ne recule devant rien pour cultiver l’éducation chez les petits et les grands et assurer un transfert de traditions qui se sont malheureusement perdues avec la génération des baby-boomers.

– « Pour nos grands-parents, recevoir une orange à Noël, c’était la grosse affaire. Mais pour nos parents, tout est devenu accessible de partout dans le monde à longueur d’année. Alors, pourquoi se donner des sueurs à désherber alors qu’on n’a qu’à aller acheter tout ça à l’épicerie? Moi je dis aux gens : pourquoi s’inscrire au gym? Va dehors jardiner, tu vas faire de l’exercice pareil, ça va te coûter moins cher et tu vas avoir de quoi manger en plus. Tu ne sais pas quoi faire de tes dix doigts? Jardine! Tu sais que tu fais quelque chose de bon! Tes légumes sont bio, ils te coûtent moins cher, ils n’ont pas traversé 5 000 km pour se rendre à ta porte, pis t’as passé du temps dehors.

L’art du jardinage dans les familles s’est perdu peu à peu. Maintenant, il n’y a pas que les enfants qui ont besoin qu’on leur explique que la tomate est une plante tropicale et qu’on doit la partir en semi à l’intérieur très tôt dans la saison si on veut des fruits avant l’hiver… Beaucoup d’adultes sont tout aussi ignorants.

– Est-ce que tu constates un regain d’intérêt pour le jardinage?

– Oui, l’intérêt revient de plus en plus. Les gens le sentent comme une solution à mille et un problèmes. Faire pousser des légumes sans produits chimiques, tu viens de sauver un gros problème lié à l’environnement. Pas besoin de pétrole pour le voyager. Le capitalisme nous rend individualistes? Gang, sors dehors pis jardine avec ton voisin! Tu vas avoir la chance de créer le collectif au lieu de rester dans ton coin. Les parents ne se doutent pas à quel point leurs enfants aiment les légumes quand c’est eux qui les ont fait pousser. Courir pour manger un radis, on ne voit pas ça souvent dans les maisons. Moi j’ai vu ça! »

Jasmin a jardiné avec 1 350 personnes l’an dernier et son objectif est à 2 000 cette année. Est-ce que vous allez en faire partie?

Vous seriez fous de ne pas en profiter

Que vous ayez déjà un jardin chez vous ou que vous soyez complètement débutant, vous êtes invité à venir profiter des activités de Monsieur Jardin. Il sera présent toutes les deux semaines, les jeudis et samedis, pour vous donner ses meilleurs trucs. Vous pourrez le questionner pour améliorer vos résultats chez vous, ou encore pour vous mettre les mains dans la terre avec la gang du jardin collectif. Tous les citoyens de Saint-Côme sont les bienvenus. Amenez vos enfants, vos voisins, votre famille !

Jasmin Lafortune, alias Monsieur Jardin

Jasmin Lafortune, alias Monsieur Jardin

Transplantation des semis

OÙ? Sur le terrain de l’Hôtel de ville
QUAND? Jeudi 8 juin 2017 à 13 h
À savoir… Matériel fourni lors de l’animation

Ateliers de jardinage

OÙ? Sur le terrain de l’Hôtel de ville
QUAND? 
Jeudi 22 juin 2017 à 11 h
Samedi 8 juillet 2017 à 13 h
Jeudi 20 juillet 2017 à 11 h
Samedi 5 août 2017 à 13 h
Jeudi 17 août 2017 à 11 h
À savoir… Matériel fourni lors des animations

C’est gratuit, c’est amical, et ça vous nourrit! Vous seriez fous de vous en passer!

Marie-Jacques
Résidente de Saint-Ambroise-de-Kildare
Blogueuse invitée

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